le Manipularium

Fabrique de culture des arts de la marionnette en sud Île-de-France

Compagnie

Ali Baba & les quarante voleurs = 41 ?

Ce conte philosophique, populaire, universel dit combien la fascination de la richesse pour la richesse et la soif insatiable de l’accumulation de biens sans nécessité sont préjudiciables à l’esprit humain, voire mortelles. Il dit aussi que le désir de vengeance des nantis qu’on dépouille provoque en eux une haine d’autant plus irréconciliable qu’ils ont eux-mêmes acquis leurs biens de façon malhonnête. Le héros de l’histoire, Ali Baba, aura-t-il le même comportement une fois devenu riche ?

L'histoire peut faire l’objet d’une analyse politique et humaniste très contemporaine : accumuler des trésors, pourquoi faire ? À quel prix ? Pourquoi avoir plus que ce dont on a besoin ? Y a-t-il une juste valeur des choses ?

Leur apparence serait-elle suffisante, sans utilisation ? Un simple code magique est-il le secret de l’accès au bonheur ? De quel « bonheur » ?

La caverne d’Ali Baba, « Sésame, ouvre-toi ! » sont dans le langage commun.

À la simple lecture de l’histoire, on omet sou-vent ce qui fait l’universalité du conte, cette force humaniste grâce à laquelle le récit a traversé le temps et les sociétés, depuis la Perse ancienne jusqu’à l'Europe contemporaine, accompagnant les caravanes, les voiliers marchands, grâce à l’oralité des conteurs, et internet.

On en retient la plupart du temps l’image d’Épinal ; le « merveilleux », « le cruel », « l’orientalisme », voire le côté « enfantin », au détriment de sa signification profonde, de sa portée philosophique, pédagogique et symbolique, si actuelle.

Pour mettre en scène ce récit dont on sait la diversité des origines, nous avons choisi d’en montrer les aspects symboliques autant que merveilleux.

Tout est abordé, joué : le contexte d’une société orientale traditionnelle, l’épopée d’un héros malgré lui entremêlée de quiproquos comiques autant que cruels, le suspens de la menace des méchants voleurs comme ressort dramatique, la morale de la fable « bien mal acquis ne profite jamais »…

Mise en scène : Nicole Charpentier / Christian Chabaud | Texte & direction du jeu : Nicole Charpentier | Marionnettes & vidéo  : Christian Chabaud | Musique & espaces sonores : Philippe Angrand | Atelier : Nicolas Charentin | Interprétation : Philippe Angrand / Christian Chabaud / Nicolas Charentin

Une histoire très ancienne…

« La caverne d’Ali Baba », « Sésame ouvre-toi » : tout le monde connaît. Voici les aventures du pauvre bûcheron Ali qui découvrit par hasard un trésor jalousement accumulé par de redoutables voleurs et qui s’en empara.

Un spectacle à tiroirs. Des personnages attachants, interprétés avec finesse et maîtrise, nous embarquent dans une histoire dont le trésor d’Or est une lumière rayonnante…

… Aujourd’hui

pour tous publics à partir de 6 ans / durée 1 heure

DARU Thémpô revisite Ali Baba et les Quarante Voleurs en y mettant toute la grâce et la réflexion qui les caractérisent, n’oubliant pas de faire Ali Baba le 41ème voleur.

Un explorateur d’ici et d’ailleurs, conteur-reporter est en scène. Muni d’un vidéo-projecteur et d’un ordinateur portable, il pose le décor (souk, Grotte au trésor, Palais des 1001 nuits) et dévoile l’intrigue en accompagnant les personnages. Faisant le lien entre nos temps modernes et ces temps anciens où est né ce conte à la portée universelle, il tente d’en extraire la substantifique moelle, et si possible d’en tirer une morale.

Un spectacle à tiroir, des personnages attachants, interprétés avec finesse et maîtrise, nous embarquent dans une histoire dont le trésor d’Or est une lumière rayonnante. Le tout dans un dispositif scénique fait de tentures qui dévoilent, de paravents qui dansent, de caisses qui se transforment tantôt en trésor, tantôt en pharmacie….

Les marionnettes d’Ali Baba sont inspirées du théâtre théâtre Wayang  (Goleks à tiges et à tringles d’origine perse) et réalisées à partir de matériaux contemporains (sacs plastiques, abat-jours, boîtes de conserves)…

Comme si une certaine « pauvreté » des matériaux permettait de renforcer la puissance de la lumière, valeur « riche ».

Les marionnettes, en plus de l’interprétation délectable des acteurs, dénotent de par les matériaux qui les composent le caractère des personnages. Ainsi, tandis que les voleurs, fabriqués à partir de boîtes de ferraille apparaissent – dans un tintamarre démonstratif – cruels et bourrus ; Ali Baba et sa femme fabriqués dans des matériaux sobres (coton, rafia) et manipulés de manière délicate, représentent la simplicité de leur caractère et de leur condition. Morgane quant à elle se fait plus sophistiquée dans les atours et la pensée.

Pour mettre en exergue tous ces éléments, Philippe Angrand signe, encore une fois, une musique originale collant à la peau du spectacle, quant aux ambiances sonores, elles achèvent le tableau en suggérant presque les odeurs du thé à la menthe, des épices et de l’encens.

Quand la magie du conte rencontre l’art de la marionnette dirigé par DARU Thémpô, un spectacle unique et précieux. Comme toujours, ingénieux et généreux.

 

Magalie Fabre / theatrorama.com

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